Pendant des années, j'ai fabriqué des tambours d'inspiration chamanique.

Pendant des années, j'ai fabriqué des tambours d'inspiration chamanique.

Je continue aujourd'hui à le faire avec la même exigence, le même amour du geste, la même joie.

Je me suis longtemps nourri des traditions amérindiennes, notamment lakota. Elles ont profondément inspiré mon travail. Pendant des années j'ai participé à des cérémonies de huttes de sudation. J'y ai appris le feu, les pierres, le silence, l'écoute. Et je garde un profond respect pour ce qui m'a été transmis.

Mais avec le temps, une question est devenue de plus en plus présente.

Qu'est-ce qui, dans tout cela, m'appartient réellement ?

Ce que j'avais trouvé dans les montagnes, les grottes, les fêtes populaires, les nuits passées dehors, les paysages de chez moi — était parfois plus proche de moi que tout ce que j'avais cherché ailleurs. Une relation plus nue. Plus poétique. Une relation sensible aux lieux, aux saisons, aux présences invisibles.

Et le tambour, peu à peu, a changé de place.

Il est devenu moins un outil qu'un instrument d'écoute. Un objet de lien. Un compagnon pour entrer en relation avec le vivant, avec le silence, avec les paysages intérieurs et extérieurs.

Je ne renie rien du chemin parcouru.

Je crois simplement que nos outils deviennent plus justes lorsqu'ils cessent d'imiter un imaginaire pour rejoindre une expérience vécue.
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