Une oreille, un tambour
Longtemps j'ai été musicien de nuit — bars, salles sombres, levers de soleil avant d'aller dormir. La musique était là, mais quelque chose ne tenait pas.
En 2009, on m'a diagnostiqué un cholestéatome à l'oreille droite. Sept opérations. Quatorze ans de surdité partielle. Deux cycles longs, lents, intérieurs.
C'est dans ce silence-là que le tambour chamanique est entré. Pas comme une révélation — comme une évidence. Un instrument que je pouvais sentir autant qu'entendre. Un lien maintenu avec la musique quand la musique semblait se retirer.
Mon oreille est maintenant propre. Elle reste fragile, sensible aux variations, aux états. Elle me parle encore — à sa façon.
Sans elle, je n'aurais probablement pas cherché l'atelier. Sans cette traversée, je n'aurais pas fabriqué le premier tambour.
C'est cette histoire, discrète et têtue, qui est dans chaque instrument que je construis à Bascassan.
Par Matthieu Chalet-Mathoulin, artisan fabricant de tambours Sacrés au Pays Basque