Matthieu Chalet ancien berger devenu fabricant de tambours chamaniques au Pays Basque - Tambours Sacrés

Du Berger à l'Artisan - La Montagne Comme École de Vie

Par Matthieu Chalet-Mathoulin, artisan fabricant de Tambours Sacrés au Pays Basque

Tout a commencé en 2003, dans les alpages de la région de Gruyère, dans le canton de Fribourg.
C'est avec les vaches que j'ai fait mes premiers pas en montagne. Je découvrais le pastoralisme, sans savoir encore que cette rencontre allait façonner l'homme que je suis aujourd'hui.

L'appel de la montagne

Après plusieurs années d'expérience en Suisse, je suis arrivé dans les Pyrénées pour suivre une formation de berger. Et j'y suis resté cinq ans.
Cinq ans à garder les troupeaux. Cinq ans à vivre au rythme des saisons, des bêtes et des montagnes.
Loin des images d'Épinal, j'ai été confronté à un quotidien difficile — la surveillance des troupeaux dehors par tous les temps, l'exposition aux risques, la solitude, les éleveurs pas toujours faciles. Je me suis endurci pour habiter au mieux le "costume" de berger.
Mais quelque chose d'essentiel me manquait. Quelque chose que j'avais perdu en chemin.
La douceur.

Ce que la montagne m'a enseigné

C'est pourtant dans cette rudesse que j'ai fait mes plus grandes découvertes.
En tant que berger, j'ai appris que chaque montagne avait son esprit — et que l'on pouvait le rencontrer, entrer avec lui en dialogue. Ce n'était pas une croyance abstraite. C'était une expérience concrète, vécue, ressentie dans le corps.
Au contact des brebis, j'ai développé mon intuition. Elle m'a permis d'anticiper, maintes et maintes fois, les mouvements du troupeau — comme si je devenais peu à peu capable d'entendre ce que les bêtes ne disaient pas avec des mots.
Au contact des vaches, j'ai appris à me hisser tout en haut des montagnes, sans effort. À trouver le rythme juste. Celui qui permet d'aller loin sans s'épuiser.

La rencontre

Et puis, la vie a placé sur ma route quelque chose que je n'attendais pas.
C'est pendant une transhumance, en conduisant le troupeau jusqu'à l'estive, que j'ai rencontré Emma — celle qui allait devenir ma femme.
Il m'aura fallu rencontrer l'amour pour accepter d'arrêter ma vie de berger. Pour aller vers un ailleurs. Pour retrouver, peut-être, cette douceur perdue.

L'ironie du sort

Le Pays Basque nous a accueillis. Et ironie du sort — je vis entouré de bergers et de troupeaux.
La montagne n'a jamais vraiment quitté ma vie. Je continue d'entretenir une relation avec elle, avec les lieux et les esprits qui y habitent. Les sonnailles résonnent encore autour de moi.
Toute cette tranche de vie fait partie de ma mythologie, de mes fondamentaux. Elle est tissée dans chaque tambour chamanique pyrénéen que je fabrique — dans le choix des bois, dans le soin apporté aux peaux, dans le silence que j'aime à entretenir avec la matière.

Et demain ?

Parfois, je rêve encore de me retrouver seul, entouré de bêtes, quelque part en altitude.
Mais ma réalité me plaît trop pour la quitter.
Peut-être, plus vieux, je remonterai.
Peut-être. Ou pas. 
Dans notre vallée, d'autres vivent au quotidien ce lien profond avec les bêtes et la montagne. C'est le cas de Pauline et Ellande, couple d'amis très inspirants dont le quotidien de berger vous touchera au cœur. Découvrez leur univers...

➡️Ferme Kitteria


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